Le pire piège dans lequel tombent les développeurs (et comment l’éviter)

Le pire piège dans lequel tombent les développeurs

Quand j’étais petit, je voulais faire des jeux vidéos. Un jour, je suis allé voir ma mère pour lui annoncer la nouvelle. Elle m’a tout de suite répondu que quand on veut on peut. Le genre de phrase que t’oublies très vite quand tu grandis. 15 ans plus tard, je faisais tout sauf des jeux vidéos. Je faisais en boucle -encore et encore- la même API en PHP. Je pensais que faire des jeux vidéos était inatteignable. Je pensais que faire quoique ce soit d’autre que cette API était inatteignables. J’étais devenu un développeur enfermé dans une prison imaginaire. Enfermé dans mes pensées limitantes. Comme la majorité des développeurs.



Limité

Le temps passe à une vitesse folle quand tu fais tout le temps la même chose. C’est terrifiant. Et ça s’accélère de façon exponentielle.

La première fois qu’on m’a appris la programmation dans un cadre scolaire, on me l’a fait apprendre sur papier. Ce n’était pas vrai un langage. La prof appelait ça du “pseudo-code”. De l’algorithmie.

Je trouvais ça absurde.





Je suis là pour apprendre un métier où je vais passer 99% de mon temps à parler un langage de programmation sur un écran. Pourquoi on ne m’apprend pas ça ? Pourquoi on me fait bosser sur papier ? Ça me saoulait profondément. Tout ce que je voulais c’était entrer dans le vif du sujet.

À ce moment-là, je ne me rendais pas compte à quel point j’étais déjà dans le vif du sujet.

Ça ressemblait juste pas à quoi j’imaginais.





Quelques années plus tard, je commençais mon premier travail. Tu sais à quel point j’avais une obsession maladive avec PHP. Je n’ai jamais expliqué exactement pourquoi cette obsession.

Ça n’avait rien à voir avec cette technologie. Rien à voir avec sa facilité d’utilisation, sa souplesse ou sa communauté. J’avais beau répéter ça -encore et encore- à tout le monde, ce n’était pas la vraie raison.

C’était à cause d’une autre raison bien particulière.

Une raison qui me rendait fou.



La définition de la folie

Est-ce que je t’ai déjà donné la définition du mot folie ?





La folie, c’est refaire sans arrêt -encore et encore- exactement la même chose, en espérant que les choses évoluent. Voilà ce qu’est la folie.

La première fois qu’on m’a dit ça, j’ai pensé que c’était des conneries.

Je suis passé à autre chose.

Et puis, j’ai commencé à analyser ce que je faisais. J’ai commencé à me rendre compte de la boucle infinie dans laquelle j’étais. Pendant des années, j’ai perdu mon temps en faisant les mêmes choses. Des plus futiles aux plus importantes.

Je lançais les tests sans changer le code et je me plaignais que ça ne marchait pas. Je faisais la même API et je me plaignais de ne rien apprendre. Je restais dans la même entreprise -qui refusait les augmentations- et je me plaignais de ne rien gagner.

Je ne faisais rien pour faire des jeux vidéos et je me plaignais de toujours ne pas faire de jeux vidéo.

Et puis j’ai commencé à le voir partout où je regardais. Partout où je regardais des devs dans la même boucle infinie. Des devs, qui malgré d’excellentes compétences, s’autosabotaient tragiquement tous les jours.

J’ai vu des développeurs volontairement s’enfermer dans un domaine ou un langage malgré leur volonté de faire autre chose. J’ai vu des devs accepter des salaires ridicules malgré leur niveau plus qu’excellent. J’ai vu des devs se faire exploiter jusqu’au burnout et continuer à rester au même endroit. J’ai vu des devs refuser des propositions d’emplois, car il leur manquait une technologie.

Et comment me moquer d’eux alors que je faisais exactement la même chose ?



La prison imaginaire

On fait l’un des métiers les plus recherchés, les mieux payés et avec le plus de liberté. On a des connaissances qui nous permettent d’aller partout. De tout faire.

Pourtant on reste enfermés dans une prison imaginaire.

Pourquoi j’ai passé autant de temps au même endroit alors que je voulais autre chose ? Pourquoi autant de dev font exactement comme moi ? La réponse est simple.

On est persuadé que c’est trop dur de faire autre chose ou tout simplement d’évoluer.

Et c’est ça le plus grand piège dans lequel les développeurs tombent. On passe notre temps à entendre que tout est très complexe et très difficile dans ce métier. Que ça soit pour y entrer ou évoluer à l’intérieur.

Du coup, paralysé par la peur de ne pas être à la hauteur, tu restes attaché.





Et c’est le pire piège, car il conditionne tout ce que tu vas faire.

Rien a foutre de ton age, d’où tu viens, de ce que tu fais ou d’où tu veux aller. Si dans ta tête tu es persuadé que tu es limité, tu seras limité. Tu es conditionné par tes pensées limitantes.

C’est un piège qui peut détruire entièrement ta carrière si t’es pas vigilant.

Et il y a plein de raisons à l’existence de ce piège. La plus importante est le flot incessant de discours élitiste, qu’ils viennent de tes collègues ou des créateurs de contenus. Et j’en ai vraiment plein le cul d’entendre toujours les mêmes connards essayer de nous convaincre que tout est impossible.

Moi j’ai de bonnes nouvelles pour toi.



Tu es un dev

Tu n’es pas limité. Tu n’es pas limité par un langage, par un domaine d’expertise ou par une entreprise. Ne laisse personne te faire croire le contraire.

Surtout pas toi-même.

Tu veux changer de spécialité ? Devenir nomade freelance ? Travailler pour Google ? Ou tout simplement changer de taf ? Oui c’est possible si tu y mets les moyens.

J’aimerais t’éviter des années de souffrances et de stagnation inutiles. Tu es un dev. Tu n’es pas un dev Javascript, React, Python, Java ou ce que tu veux. Tu es encore moins ton entreprise.

Tu es un dev.

Tu es un résolveur de problème. Ton outil c’est le code. Ta méthode c’est une suite logique d’opérations et d’instructions. Tu sais, les algorithmes dont je te parlais au début. Si tu maitrises cette logique, tu maitrises tout.

Le reste c’est un mur de syntaxe et de règles spécifiques que tu apprends sur le tas.

Une fois que tu as compris et vraiment intégré ça, tout d’un coup beaucoup de portes s’ouvrent. Des croyances qui sont devenues aussi solides que des murs commencent à se fissurer. Et derrière ces murs, tu te rends compte que tu peux tout faire.

Il est temps de prendre le contrôle de ta carrière.





  • Je ne serai jamais bon dans plusieurs langages et/ou technologies

Tu as obtenu une sorte d’expertise dans ton premier langage après pas mal de temps et beaucoup de galères. Tu es donc persuadé que faire un switch sera aussi long que dangereux. Ça semble logique.

C’est faux.

Ce qu’il faut comprendre c’est que la vitesse d’apprentissage et de maitrise d’un langage ou d’une technologie est exponentielle à ton expérience. Avec un peu d’expériences, tu comprends beaucoup plus vite les choses. Apprendre son second langage est incroyablement plus rapide que le premier.

Le problème ce n’est pas de le faire, mais juste de se lancer.

  • Il y a trop de choses à apprendre

Apprendre c’est comme le sport. Plus tu apprends, plus ça devient facile et rapide d’apprendre. Le problème c’est que le contraire est encore plus vrai.

C’est pareil pour tout le monde, sans exception.

De plus, c’est inutile et surtout impossible de tout apprendre. Il faut identifier à l’avance ce dont tu as besoin et s’entrainer régulièrement à son l’apprentissage. Tout devient très vite moins impressionnant quand tu fais les choses intelligemment et sur le temps.

Avec les bonnes habitudes, la bonne technique -et un peu de temps- n’importe quel développeur peut tout changer dans ce qu’il fait tous les jours.

Le problème ce n’est pas de le faire, mais juste de se lancer.

  • Je suis incapable de sortir de ma zone de confort

Le but ce n’est pas vraiment de sortir de sa zone de confort. Le but c’est de l’élargir. Tu fais le même métier, c’est juste le contexte qui est différent.

Ceux qui s’en croient incapables se comparent trop.

Ils se comparent aux autres, et à ce qu’ils étaient avant. Je ne veux pas rentrer dans de la philo, mais je pense qu’il y’a une discussion à avoir avec soi-même quand ce ressenti va trop loin. N’oublie pas que ton syndrome de l’imposteur est un formidable outil.





Non seulement tu peux l’élargir cette zone de confort, mais tu vas découvrir que tu es capable de bien plus.

Le problème ce n’est pas de le faire, mais juste de se lancer.

  • Je ne peux gagner plus d’argent avec ce que je fais

La valeur de ce que tu fais est subjective à l’entreprise qui t’emploie. Dans ce marché du travail -avec plusieurs années d’expérience-, tu es en position de force. Du coup, les questions à se poser sont différentes.

La question c’est pas : est-ce que je devrais gagner plus ? La question c’est : pourquoi cette entreprise ne me paye pas plus ? J’en parlais déjà dans l’article sur l’argent.

Je suis très fréquemment abasourdi par la différence de salaire entre deux devs qui font exactement la même chose.

Comment expliquer ces différences ? En une phrase : la fortune sourit aux audacieux. Ceux qui n’hésitent pas à prendre des risques quand ils estiment qu’ils méritent plus sortent clairement du lot.

Le problème ce n’est pas de le faire, mais juste de se lancer.

  • C’est dur et ça prend du temps

Oui.

J’ai jamais dit que c’était facile et rapide. J’ai dit que c’était possible.

Le problème ce n’est pas de le faire, mais juste de se lancer.

Bref, je pourrais continuer longtemps comme ça. Tu vois où je veux en venir. Il va falloir faire un saut dans l’inconnu tôt ou tard si tu veux prendre le contrôle.





Si tu arrives à faire ce changement d’état d’esprit, ça va impacter ta carrière, mais aussi plus globalement ta vie. Je le sais, je l’ai vécu. Et je me souviens très bien du jour où je me suis lancé.



Je suis un dev

Après un grand nombre d’années bloqué, j’étais épuisé. Épuisé de ma stagnation malgré mon travail et mes sacrifices. J’ai fini par comprendre que la solution devait venir de moi.

J’ai donc commencé chaque jour à m’autoformer. Avec mon système d’apprentissage, bien spécifique et parfaitement huilé. Un parfait équilibre entre temps libre et temps investis pour le futur.

Un système qui va être central dans mes prochains contenus.

J’ai commencé à utiliser des technologies inconnues de façon journalière. Je me suis immédiatement rendu compte que ce n’était pas si compliqué que ça. Progressivement, avec du temps et de la pratique, ma zone de confort s’est agrandie.

À tel point que je me suis rendu compte que je pouvais m’attaquer à n’importe quel sujet. C’était possible de faire apparaitre quelque chose à l’écran assez rapidement. Et sans une seule ligne de ma technologie de confort.

Je suis un dev. Pas un dev limité par un contexte.

C’est alors que j’ai fait le plus grand saut dans l’inconnu de ma vie. J’ai vendu tout ce que j’avais dans mon appartement. J’ai pris un avion-aller simple et je suis parti au Canada.

Aucun filet.





J’avais tellement confiance en mes capacités que je n’avais aucun plan. Pas de boulot, pas d’appartement, personne chez qui aller et seulement quelques milliers d’euros sur un compte.

J’avais une seule chose.

La conviction que j’allais réussir grâce aux connaissances que j’avais accumulées en travaillant un peu tous les jours.

La semaine de mon arrivée, j’ai envoyé deux CVs. La semaine d’après j’étais engagé dans un géant du jeu vidéo. Instantanément, je doublais mon salaire net. Et ça, en travaillant en dehors de ma zone de confort.

Ma zone de confort ? J’ai vite oublié. En quelques semaines j’étais opérationnel. En quelques mois complètement au niveau. En moins d’un an, je dominais tous les compartiments de mon boulot.





Mais ça ne me suffisait pas.

Je ne travaillais toujours pas sur un jeu vidéo. Je travaillais sur des outils internes à ce géant du jeu vidéo. Ce n’était pas ça mon boulot de rêve de gamin.

J’ai donc continué à bosser et à apprendre de nouvelles choses. Chaque jour, un petit peu, mes petites habitudes. Mon fameux système que je continuais à améliorer. Parfois quelques minutes, parfois plusieurs heures. C’est énorme sur un mois. Imagine sur un an.

Je faisais ça depuis des années à ce moment-là.

J’ai amené de plus en plus de valeur. J’ai monté les niveaux internes. Je n’ai pas hésité à faire plusieurs équipes. J’ai appris les outils DevOps, le Python, le C++. J’ai construit des choses et j’ai amené des résultats.

Aujourd’hui, je travaille directement sur un jeu vidéo.

Entre temps, mon salaire a encore augmenté. Fortement. Plusieurs fois. En faisant mon boulot de rêve de gamin. Cette situation me semblait tout bonnement impossible il y a quelques années.

J’aurais rien pu ne faire si je n’étais pas sortie de ma prison imaginaire.

J’ai aucune recommandation pour toi aujourd’hui. Aucun bouquin ou aucune ressource que je connais ne va t’aider à sortir de ta prison personnelle. Y’a que toi qui peux décider d’en sortir.



Épilogue

Quand j’étais petit, je voulais faire des jeux vidéos. Un jour, j’ai appelé ma mère pour lui annoncer que je faisais des jeux vidéos. Si je peux arriver à mes objectifs, n’importe qui peut le faire. Il suffit de bosser régulièrement avec le bon système. Et on va parler énormément de ça dans les mois qui viennent.

Qui me parle ?

jesuisundev
Je suis un dev. En ce moment, je suis développeur backend senior / DevOps à Montréal pour un géant du jeux vidéo. Le dev est l'une de mes passions et j'écris comme je parle. Je continue à te parler quotidiennement sur mon Twitter. Tu peux m'insulter à cet e-mail ou le faire directement dans les commentaires juste en dessous. Y'a même une newsletter !

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41 commentaires sur “Le pire piège dans lequel tombent les développeurs”

  1. Tu bosses sur quel jeux pour quel éditeur du coup? On croise peu de témoignage de dev chez les éditeurs de jeux-videos je me suis souvent demandé quelle en était la raison (trop de pression ? finalement pas si cool?contrat?)

  2. C’est ce que je répète sans fin à mes équipes et aux nombreux stagiaires qui passent dans mes équipes, je n’ai pas les moyens de l’écrire/publier, tu l’as fait, mieux que je ne l’aurais fait, merci !

    Plus est en vous ! Explorez, apprenez, formez-vous !
    Enchantez le monde !

  3. Je pense clairement que c’est pour moi le meilleur article que tu aie jamais écrit. Merci énormément pour tout ce partage ! 🙂

  4. Pensées limitantes : Ce que l’on appelle généralement le plafond de verre.
    J’étais routier superlourd (44t, national, international). J’ai fréquenté des forums dev. avec pour objectif de répondre à toutes les questions, et pour but de finir dev, alors que l'”on” me disait que c’était impossible.
    Maintenant, je suis un dev 🙂

  5. Je ne dirais pas que ton article m’a bouleversé, mais il m’a conforté un peu plus dans ma volonté de changement. Pour ça, merci.

  6. Merci beaucoup pour cet article, je suis en pleine reconversion et c’est très encourageant de te lire. Bon courage chez Ubi ! En espérant réentendre parler de BGE 2 cette année à l’E3 eheheh 🙂

  7. Ces derniers jours, j’ai eu la fatigue humaine :
    1/ de m’autodiscipliner à bosser chaque jour pour reprendre correctement mes bases
    2/ d’éviter des sollicitations qui m’auraient enfermée dans une cage … oups …case
    3/ d’acquérir des savoir-faire complémentaires
    Bon, j’avoue que le 3ème confinement avec un drôle de 17 ans && lycéen à gérer n’a pas aidé
    Eh là, je te lis : un grand merci à toi Mehdi 🙏🏾🙏🍀

  8. Ce site doit, sans doute, être lu par 95 % de devs en tout genre. Mais, franchement, quand on se cherche un avenir, même proche, les articles sont utiles pour tout le monde.

    Cette prison, ou le plafond de verre que j’ai lu dans un com’, existe dans tous les domaines.

    Si vous avez des connaissances, des amis, de la famille en galère psychologique mais pas encore dépressifs, proposez-leur de lire ce site. Ce sera la plus belle et agréable claque dans la gueule qu’ils prendront.

    Merci Mehdi

      1. Je me suis mal exprimé. Je voulais dire que 95% de tes lecteurs sont des devs (de près ou de loin). En tout cas, c’est ce que je pense.

        Avec plaisir ! Ça fait un bien de dingue des gens positifs et surtout entraînant comme toi.

        Et le plafond de verre (ou la cage), je connais. Disons qu’actuellement financièrement ce n’est pas la joie, mais, c’est une bonne période pour que j’agrandisse ma zone de confort.

        J’attends ta méthode avec impatience. Mais, il faudra avoir l’intelligence de picorer dans ta méthode et non pas la prendre comme le Saint-Graal. On est tous différents et on a des méthodes différentes. J’aime apprendre des autres : bonne idée ici ou là.

        Je vais y aller de mon conseil. Il est probable que vous lisez ou participez à des forums de devs sur le Web. Vous avez sans doute lu des messages pas très positifs : “t’es trop vieux.”, “t’as pas ce bac, tu vas galérer !”, etc. Ces messages ont contribué à sceller encore plus ma cage qui me limite.
        J’ai décidé de ne plus y accorder de l’attention. Ma cage n’est pas descellé mais les barreaux sont de plus en plus friables.

  9. Super article ! Une petite zone d’ombre cependant .. “J’ai donc continué à bosser et à apprendre de nouvelles choses. Chaque jour, un petit peu, mes petites habitudes. Mon fameux système que je continuais à améliorer.”
    C’est quoi ton système d’apprentissage ?
    Je suis en reconversion pour devenir dev et je serai très curieuse de savoir comment s’organise un dev expérimenté.
    Merci !

  10. C’est un bon article mais j’ai du mal à être d’accord sur tout.
    Par exemple sur cette phrase là :

    “Tu veux changer de spécialité ? Devenir nomade freelance ? Travailler pour Google ? Ou tout simplement changer de taf ? Oui c’est possible si tu y mets les moyens.”

    Tout le monde n’a pas toujours les capacités requises pour faire ce qu’il / elle a envie de faire. On peut mettre toute notre énergie dans un domaine et arriver à peine à être “bon” alors que d’autres ont des facilités qui leur permettra d’être excellents avec 3 fois moins d’efforts. Si il faut cravacher comme un fou pour atteindre un niveau moyen, pour moi ça n’en vaut vraiment pas la peine. J’ai du mal à concevoir qu’on puisse s’épanouir dans un domaine qu’on maîtrise à peine parce qu’on a juste pas les capacités pour le faire.
    Et il n’y a pas que ça. Je suppose que tu es parti au Canada car tu étais en capacité de le faire. Les milliers d’euros sur ton compte, ta situation familiale et ton intelligence t’ont permis de faire tout ça. Ta capacité à ne pas abandonner aussi. Tout le monde ne dispose pas de ces éléments. Certains peinent à faire des économies, d’autres ont des responsabilités qui les empêchent de tenter une reconversion professionnelle (car oui, c’est risqué). Ces mêmes responsabilités qui, par exemple, peuvent prendre tout le temps disponible qui te permettrait de travailler sur des projets personnels, sur de l’auto-formation, etc.

    Bref, ce n’est pas qu’une question de moyens / d’envie.

    1. J’ajouterais que le marché de l’emploi est ce qu’il est aussi: je pense qu’il y a beaucoup plus de demande pour des devs qui vont faire des tableaux de bord que des jeux vidéo. Alors en effet en se donnant les moyens de sortir du lot, en quittant son pays etc on peut toujours y arriver mais c’est des efforts que personnellement je ne serais pas forcément prêt à fournir (sans parler de jeux vidéo) !

      L’article est super est très bienveillant. Mais même si je suis d’accord sur plein de points, certaines personnes sont ok avec le fait de rester là où elles en sont et c’est aussi très bien (même quand elles ont un rêve).
      Chacun devrait juste trouver l’équilibre salaire/investissement qui lui convient au moment t.
      Même si c’est très positif, les “injonctions au bonheur” c’est parfois un peu trop je trouve, “faites-ci pour être mieux, ne faites pas ça et vous serez pas malheureux”, c’est déjà le problème des réseaux sociaux en général et on retrouve beaucoup ça dans le dev, à tous les niveaux (“utilise cette techno et ta vie va changer”).
      Ça part d’une bonne intention mais on oublie souvent de rappeler que c’est ok de pas être hyper productif. C’est ok de mettre le boulot en mode auto-pilotage pendant un temps pour se concentrer sur autre chose. C’est ok de pas être le meilleur et de pas vouloir être le meilleur. Et le jour où on veut changer de mode, on change et c’est tout. Et en effet, là, si on se donne les moyens, tout est possible.

  11. Franchement, je crois que je t’admire juste de plus en plus.

    En terminal, j’ai eu l’occasion de faire un projet de jeux vidéo pour l’option d’ISN, et c’est là que j’ai su que c’était ce que je voulais faire plus tard.

    J’ai ensuite rejoint une école d’info dans l’optique d’apprendre le dev et ensuite de pouvoir rejoindre le secteur.

    Je suis maintenant en stage de fin d’étude (5eme année) mais pas dans le secteur qui me plaît vraiment …

    Je me pose encore pas mal de questions, mais j’essaie de m’accrocher pour y arriver et de développer des projets à côté pour enrichir mes connaissances, même si j’ai l’impression d’avoir de moins en moins de temps 🙁

  12. Wow cet article.. hyper inspirant et un twist …franchement bravo. Et merci de partager ton expérience et aussi de donner ces précieux conseils. Hâte de te lire à nouveau, c est toujours un plaisir de cliquer sur le lien et de découvrir ce que tu vas nous raconter.

  13. Je termine ma reconversion, après 4 ans de travail intensif. Pour l’instant je fais du web. Mon but est d’aller sur de L’IA, j’ai encore beaucoup de boulot… Mais j’y arriverais 🙂

  14. Je sors d’une formation de développeur web et web mobile de 10mois. Je me retrouve donc en tant que développeur web junior, autant te dire que ce n’est pas évident du tout de trouver du taff pour le moment.
    Je me suis donc confronté à la frustration d’apprendre de nouvelles technos en étant débutant, ya des jours ou j’ai envie de tout casser. Je viens de tomber sur ton site car je voulais voir si j’étais le seul à ressentir cette frustration, et autant te dire ça m’a fais du bien au moral de lire plusieurs de tes articles. Merci pour ton partage !

  15. Merci pour cet article fort intéressant et utile pour ma part. Je suis dev senior (10 ans d’exp) et je fais du web depuis le début. Il y a 2 ans je suis rentré dans une équipe d’une 10aine de devs en tant que front-end. Je suis le seul, le reste est dev backend Python/Django. Et depuis le début mon travail est dénigré car “c’est que du front, faut juste afficher des choses”. Du coup je tente de me former sur Python pour pouvoir aussi bosser sur la partie backend, mais je n’y arrive pas car j’ai l’impression que c’est hyper complexe par rapport à ce que je fais / sais (syndrome de l’imposteur, bonjour). Ton article m’aide à relativiser, d’autant plus que je suis freelance fullstack JS/PHP à l’origine donc apprendre Python ne devrait pas être bien compliqué. Mais ils m’ont tellement mis dans la tête que ce qu’ils font est infiniment plus complexe que ce que je fais que du coup je bloque comme un c*n (bon y’a aussi un peu d’orgueil hein j’avoue être un peu vexé d’être réduit comme ça).
    Bref .

  16. Bon article.
    Mais je pense que les cases sont beaucoup plus présentes en France qu’outre-Atlantique.
    Les entreprises outre-Atlantique facilitent le développement de chacun en leur accordant plus de confiance, même aux juniors.
    Elles poussent à sortir des zones de confort pour que chaque développeur s’épanouissent. Parce qu’elles ont compris que des devs épanouis étaient des devs plus productif.
    Il en existe en France mais vraiment trop peu.
    Il a une vrai différence de mentalité entre la France et le Canada, et je pense que ce n’est pas négligeable dans ton histoire.
    Et on ne peut malheureusement pas tous changer de continent.

  17. J’étais depuis 1 semaine en mode procrastination ! Du coup j’ai lu ton dernier article sur le sujet, puis celui-ci… Motivation retrouvé grâce à toi !!! Merci

    J’ai découvert ton blog, il y a quelques mois. C’est de loin un meilleur blog en français pour les devs, selon moi !

  18. Excellent article. C’est marrant, j’ai eu exactement cette réflexion la semaine dernière après avoir écouté un podcast. Pareil, j’ai commencé à faire du dev pour faire du jeu vidéo mais 8 ans après je suis toujours dans le développement web. Ton article m’encourage à m’auto former hors dev web et à m’accrocher pour y arriver. Merci beaucoup!
    Si jamais tu as des ressources à partager sur le sujet, je suis très intéressée.

  19. Super article très inspirant. Et valable dans tous les domaines pas que le dev,. Je fais partie de ceux qui se limitent continuellement en se comparant aux plus expérimentés et ce récit est un bon rappel que cette mentalité ne fait justement.. que limiter. Merci pour l’inspi !

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