Le projet qui m’a fait sombrer en burnout

Le projet qui m’a fait sombrer en burnout

Le sujet d’aujourd’hui inaugure le triple format : YouTube, podcast et texte.

Une attention toute particulière a été donnée à la vidéo YouTube cette semaine.

Si vous aimez ce que je fais avec les articles, vous allez adorer cette vidéo.



Format YouTube



Format Podcast

Anchor



Spotify



Format Texte

Il est 3 h du matin dans la nuit du 10 août 2013. Une crise d’anxiété m’empêche de dormir. Comme un gros taré, je fais une code review de mon propre code dans ta tête. D’un coup, je me rends compte d’un problème majeur dans l’architecture de mon application. J’hurle et je sors du lit en roulant sur ma copine pour courir comme un malade mental vers mon PC. Ce jour-là va être un magnifique samedi ensoleillé à Lyon. Je vais bosser pendant 12 h d’affilé. C’est un stress et une pression abominable qui me tiendra éveillé. Comment j’en suis arrivé là ?



Pour comprendre ce qui m’arrive, retournons légèrement en arrière.

Un mois et demi avant, j’arrive frais comme un gardon à un tout nouveau travail. On est début juillet, il crève de chaud à l’extérieur. Mais quand j’arrive à l’intérieur de l’open space, l’accueil est glacial et les visages fermés.

Mon manager me fait venir dans une salle et m’explique que ma première mission est un projet de haute importance. Je suis dans une petite agence, mais c’est pour un énorme client dans l’alimentaire. Le scope du projet ? Ça rigole zéro. Les délais ? Ça rigole encore moins.

Pire, je vais devoir travailler “en autonomie” dessus.

Je ne comprends pas pourquoi, mais je sais que je ne vais pas aimer.





Je m’installe à ma place. On m’envoie alors les specs qui font pour le moment deux paragraphes. Mais c’est deux paragraphes qui viennent tout droit des enfers.

Je rentre dans pas les détails par qu’on s’en fout, mais dans les grandes lignes c’est un portail censé aider les utilisateurs à mieux manger et boire via un suivi interactif.

Au milieu de la journée, je décide d’aborder un de mes nouveaux collègues. Il m’explique que c’est “contre l’avis de l’équipe” que ce projet a été accepté avec ces délais absurdes. Il ajoute -sourire aux lèvres- que “maintenant qu’une rockstar s’en occupe” il ne devrait pas y avoir de problème.



Rockstar

Avant de continuer, discutons ensemble de tout ça cinq minutes.

Les développeurs -en particulier- sont fréquemment concernés par ces questions de stress et de burnout. Pour plein de raison différente. Et la première est culturelle.

Dans ton domaine la culture de la rockstar est omniprésente. On t’a forcé dans le cerveau cette culture du héros. Cette culture du hacker qui fait tout tout seul. T’es censé être un ninja, un guru, un jedi ou une autre connerie du genre. C’est tellement loin dans ton cerveau que ça te crée des angoisses folles.

Mais le problème c’est que tu n’es pas une rockstar.

Et cette réalité te pousse à bosser comme un taré pour y échapper. T’essayes d’atteindre des objectifs qui sont atteignables seulement en faisant des heures pas possibles. À force, ça devient normal de travailler autant.

Et tu t’en rends plus compte, mais ça te pousse dans des états pas possibles au quotidien.





Quand tu es là-dedans, tu te rends plus compte de rien. Tu fais la course avec les deadlines et côté passager tu as ton syndrome de l’imposteur qui te hurle dessus. Et soyons clairs : ça va te rendre barjo.

La meilleure façon de ne pas faire un burnout est d’éviter de rentrer dans une situation de burnout.

Et pour ne pas rentrer dans cette situation, il faut savoir la reconnaître. Reconnaître quand on te demande des choses infaisables. Reconnaître quand tu as pris le rôle du héros malgré toi. Si tu arrives à reconnaître tout ça, tu vas réussir à prendre du recul par rapport à tout ça.

Si tu arrives à prendre du recul, t’as déjà tout gagné. Tu peux agir. Et l’action la plus efficace est une transparence totale. Une discussion difficile, brutale, frontale, avec tous les autres acteurs.

C’est un moment de conflit ouvert et compliqué à gérer. Admettre qu’il y a un problème est le meilleur moyen de trouver des solutions. Impose des limites. Définis les responsabilités. Re-scope le projet. Divise le travail. Repousse les deadlines. Demande du renfort.

Dis NON ! Tout de suite. Tu n’es pas une rockstar qui est censée sauver tout le monde. Il faut désamorcer cette situation critique avant qu’elle atteigne le point de non-retour.





Je peux t’assurer que juste en gardant ce premier conseil en tête, tu vas éviter 80% des situations stressantes dans ton boulot. Éviter la situation est de loin la façon la plus efficace de la gérer.

Mais qu’est-ce qui passe quand tu ne peux pas l’éviter cette situation ?



Descente

En juillet 2013, je n’avais absolument aucune idée de tout ça. Encore moins que j’avais mis le doigt dans l’engrenage. La première semaine, le stress m’a progressivement mis des claques de plus en plus violentes.

J’avais enfin pris conscience de la masse de travail qui m’attendait. Le lundi d’après j’étais déjà partie sur un 8h / 22h. À ce moment-là, j’étais persuadé de quelque chose.

Plus je vais passer du temps dessus, plus ça ira vite.

J’ai commencé à annuler toutes mes sorties et passer moins de temps avec ma copine. Dans la chaleur de l’été lyonnais, ma vie se résumait à des putains de yaourt. Et plus le temps passait plus ça prenait des proportions immondes.

Et ça malgré le nombre de personnes qui me disaient de tout arrêter.





Au bout d’un mois -un mois c’est long dans cet état- il fallait que je trouve une solution pour aller plus vite. Et c’est là que j’ai commencé à coder avec le cul pour accélérer le rendement. Je croyais que c’était efficace. Mais il y avait prix. Ce prix c’était de se réveiller à 3 h du matin pour travailler 12 h d’affilées à cause d’un problème d’architecture.

Cette journée officialisait mon entrée dans le monde du burnout. Et ce n’était pas prêt de s’arranger.

Tu es peut-être en plein stress / burnout en ce moment. Tu ne l’as pas vu arriver et tu te retrouves dans la même situation que moi à l’époque. Vu que tu es déjà dans cette situation, je n’ai malheureusement pas de solution miracle pour t’en sortir d’un claquement de doigts.

Par contre, j’ai trois choses à te dire pour atténuer ce qui t’arrive.



1. Plus tu passes du temps sur un projet moins tu es productif.

C’est pas moi qui le dit, ça a été prouvé par à un paquet d’études. En sacrifiant tout ton temps, tu en fais perdre à ton projet. Je sais que c’est le stress qui te pousse à vouloir bosser en permanence en multipliant les heures. C’est contre-productif.

La meilleure façon de trouver des solutions rapidement est de limiter les heures de travail intense et de faire fréquemment des pauses.

On le sait, c’est connu que le cerveau travaille énormément de façon inconsciente. Si tu refuses de faire des heures normales malgré la pression, ton travail va fatalement devenir de plus en plus briser. Moins ça marche plus tu stresses. Plus tu stresses, moins ça marche.

Si tu peux éviter ce cercle vicieux en particulier, tu éviteras le burnout.

Ce qui va te faire péter les plombs et te faire sombrer totalement dans le burnout est un rythme infernal de travail. Un rythme de travail fait pour une machine. Tu es un être humain et tu ne peux pas fonctionner avec un rythme pareil.



2. La communication et la transparence sont clefs.

Si tu es dans cette situation, c’est que la fameuse deadline est déjà gravée dans la roche. C’est d’ailleurs ça qui te stresse.

Le pire que tu peux faire c’est de cacher ce qui se passe aux gens qui travaillent avec toi.

Fais en sorte que tout le monde -et en particulier tes supérieurs directs et la direction- soit au courant de ce qui se passe. Communique énormément et publiquement -mail global, réunions importantes- les risques encourus avec cette deadline.

Parfois ça suffit pour résoudre le problème. Parfois ça rassure juste de te dire que tout le monde sait pertinemment qu’on fonce dans le mur. Car au moment du crash, personne ne pourra te demander pourquoi et comment on en est arrivé là.

Surtout, ne reste pas silencieux et seul face à ton problème. Le silence ne fait qu’augmenter violemment la pression chaque seconde. Briser ce silence va te libérer d’énormément de stress.



3. Le calme et la discipline ne sont pas des options.

Imagine, tu as brutalement un problème au cœur. Tu dois te faire opérer d’urgence dans les heures qui viennent. Le chirurgien en charge de te sauver la vie et en panique totale. Il est agité comme jamais et il ne respecte aucune norme de propreté pour aller plus vite.

Tu penses qu’il a une chance de faire un travail acceptable à temps ?





Non. C’est sûr qu’il va se planter. Et toi avec.

Et pour nous autres développeurs c’est la même affaire. C’est justement dans les moments de pression intense qu’il faut garder son calme et la discipline des process de qualité. Les développeurs qui arrivent à tenir ça ont un avantage énorme.



Je vais être honnête, il est possible que tout ça ne t’aide pas si ta situation est bien particulière. Et dans ce cas-là, il est indispensable de voir les choses d’une autre manière. Il est indispensable de prendre des décisions importantes.

Il faut comprendre que ce projet n’est pas si important.



Priorités

Fin août 2013, j’avais réussi.

Une version bêta du produit remplie de hack était utilisable.

Au sacrifice de ma santé mentale et physique, j’avais tenu des délais que j’aurais jamais dû accepter. Et clairement, j’étais au bout de ma vie. Il est temps d’aller voir le client.

Le regard vide dans le TGV entre Lyon et Paris je n’échange aucun mot avec mon manager. On arrive enfin dans les énormes locaux de ce grand groupe.

Habillé comme un manchot pour l’occasion je commence la démo. Je transpire comme un porc à chaque fois que je clique quelque part. Je sais ce qu’il y a derrière. Fin de la démo et aucun bug.

Je m’en fous, je veux juste qu’on en finisse.

Et là, le client va dire une phrase qui va me faire réagir malgré mon état de zombie.

“Ça correspond bien à ce qu’on voulait, maintenant il reste à déterminer si ça va être utilisé dans le cadre de notre nouvelle stratégie.”





Cette nouvelle stratégie allait faire que mon projet ne sera jamais utilisé. Tout ce que j’ai fait mis à la poubelle. Tous ces efforts, ces heures, ce stress, ces sacrifices … pour rien. C’est là que j’ai compris quelque chose qui allait me relaxer pour toute ma carrière.

On fait du dev, pas une fusée.

Si tu es en plein burnout, il est important d’avoir ce recul-là pour t’en sortir. Peu importe ce que tu fais : ce n’est pas si important. Si tu n’as pas conscience de ça, tu peux facilement paniquer. Et cette panique te fera tomber dans un état mental désastreux.

De retour à Lyon j’étais complètement au fond de mon burnout. Souvent quand on imagine quelqu’un en burnout on imagine quelqu’un en colère. Il court partout, il hurle sur tout le monde et communique son stress. Je n’étais pas du tout comme ça. Ce n’est pas ça un burnout.

Une personne en plein burnout ressemble plus à un robot sans âme qui fait les choses en pilote automatique. Aucune émotion, peu importe ce qui t’arrive.



Tu as le choix

Si tu es au fond du trou, il faut que tu comprennes que tu as le choix. Tu peux soit subir et sortir de là dans un sale état comme je l’avais fait. Ou tu peux tout simplement aller voir ailleurs quand ça devient abusé.

Tu as tendance à l’oublier, mais tu es le roi d’un étrange marché.

Tu es roi et c’est toi qui décides si tu veux mieux ou pas. Si une équipe ou une entreprise travaille dans une pression monstre comme des amateurs, sache que c’est pas la même histoire partout.

La solution la plus simple pour se sortir de ce genre de situation est d’aller voir ailleurs.

Alors tu vas me dire que c’est facile à dire. Oui. C’est également facile à faire. Attention je vais un peu te bousculer parce que j’aurais aimé que quelqu’un me bouscule comme ça l’époque.

La situation dans laquelle tu es est en partie ta faute.

Tu as le choix. Va sur un site spécialisé et trouve mieux. Tu mérites mieux.

Ce travail ne devrait pas avoir autant d’effet sur ta vie. Aucun travail ne le devrait. Ce n’est qu’un travail.



Épilogue

Tu n’es pas ton travail. Ton temps est précieux. Je crois qu’il est temps de te demander si tout ça vaut le coup. Encore une fois ce qui va te sortir de ce trou c’est de prendre du recul. Ne jamais s’investir autant émotionnellement au travail. Jamais. Tu as toujours le choix.

Qui me parle ?

jesuisundev
Je suis un dev. En ce moment, je suis développeur backend senior / DevOps à Montréal pour un géant du jeux vidéo. Le dev est l'une de mes passions et j'écris comme je parle. Je continue à te parler quotidiennement sur mon Twitter. Tu peux m'insulter à cet e-mail ou le faire directement dans les commentaires juste en dessous. Y'a même une newsletter !

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22 commentaires sur “Le projet qui m’a fait sombrer en burnout”

  1. Tu touches à un problème très intéressant : les développeurs ne sont pas assez écoutés sur la sortie réelle des projets. C’est confié à des CdP (qui souvent ne sont pas des techniciens) ou directement le patron ou le chef qui sont soumis à des pressions externes.

    C’est un peu comme pour construire un immeuble, c’est le patron qui décidait. Non, il va comprendre qu’il doit s’adapter aux exigences de réalisation de l’ouvrage et il va consulter l’architecte. C’est très rarement le cas aujourd’hui, et plus d’une fois j’ai vu des chefs redescendre vers nous POUR LA PREMIÈRE FOIS afin de savoir pourquoi ça n’avait pas été livré à la date limite qu’il avait “prévu” tout seul dans son coin.

  2. C’est pour ça qu’il faut rapidement passer chef ou responsable de quelque chose pour pouvoir déléguer la pression sur les devs.

  3. Bon article mais attention, il existe une foultitude de symptômes : sentiment de dévalorisation, déshumanisation des autres et pas juste de soit même, etc.
    Sans compter qu’il existe aussi des tas de formes de stress psychologique qui ne sont pas des burn-out mais qui ont exactement les même conséquences : incapacité à travailler de qq semaines à pls mois/années.

  4. Très bon article et surtout très bonne vidéo.

    Si on m’avait donné ce genre de conseil en début de carrière j’aurai peut être pu l’éviter.
    Il m’a fallu d’autres événements émotionnels très marquants pour que je prenne enfin du recul.
    Mais le mal était déjà fait et j’ai laissé ma carrière de développeur sur le bas côté.

    Tu as parfaitement résumé la situation : Ne jamais s’investir autant émotionnellement au travail.

    C’est toujours un plaisir de lire tes articles. Bonne continuation.

  5. Le burn-out n’est pas spécifique aux dev mais à tous les corps métiers.
    Avant de partir en informatique je bossais en logistique ce n’était pas forcément très beau à voir non plus (burn out, dépressions, …). Les managers et chefs te mettent toujours la pression pour aller plus vite que tu ne le peux, pour faire plus que tu peux, te contraindre à pousser malgré tes impératifs, te dire à la fin de ton poste à 16h30: “tu dois venir demain à 4h00″… Pour ma part après de 2 ans de services (début de mon burn out) j’ai commencé à penser à moi à dire “non” sans regrets quand ce n’était pas possible et arrêté de me mettre la pression pour rien. Et à la fin de mon contrat j’ai tiré ma révérence.

  6. Le problème de notre métier, c’est qu’on est pas vu comme un métier. On a pas le droit de faire notre quota hebdo d’heures correctement et c’est tout. On a pas le droit de juste bien faire notre boulot. Non. On doit connaitre tous les trucs périphériques. On doit avoir des projets persos le week-end.

    Du coup si on est pas prêt à faire “plus” que la normale, immédiatement c’est mal vu, et on est en situation stressante.

    Cet article est formidable car il illustre une des conséquences de cette mentalité.

    C’est pour ça que je la rejette.

    1. C’est tout à fait vrai, et je me reconnais d’ailleurs dans le fait d’avoir des projets persos, presque à me forcer à en avoir.

      Mais si un.e développeur.euse ne prend pas cette peine sur son temps perso, iel n’évolue jamais. Iel reste cantonné à ses connaissances de sortie d’études, et celles acquises avec son expérience professionnelle : il faut toujours, et en permanence, renouveler ses connaissances et compétences, parce que le milieu évolue, et si on ne suit pas, on reste en arrière.

      Ceci étant, je fais la différence entre le développement “boulot”, et le développement “hobby” : quand c’est du hobby, je me documente, je cherche, je fais ma veille dans mon coin, au petit dej, le week-end, bref quand j’ai envie. Quand c’est du boulot, je fais ma veille et des “projets d’amélioration” sur le temps du boulot, parce que j’améliore mes compétences professionnelles. Si mon employeur n’est pas capable de comprendre que ça fait partie de mon travail de m’améliorer en tant que professionnel, ainsi que d’améliorer mon cadre de travail pour être plus performant (et si possible pour en faire profiter les collègues), je suis sûr qu’un autre employeur sera ravi de me faire signer chez lui.

      Jesuisundev l’a déjà écrit dans plusieurs articles, et il l’écrit à nouveau dans celui-là : si ça se passe mal pour moi dans mon boulot, je vais d’abord vérifier si c’est pas de ma faute, et changer ce qui va pas ; et si c’est vraiment pas de mon fait, je ne dois avoir aucun scrupule à chercher ailleurs. Finalement, la mentalité de notre métier, c’est avant tout la mentalité qu’on s’impose à soi ; quand on arrêtera de se prendre la tête ça se passera peut être un peu mieux.

  7. Chapeau pour le travail qui a été réalisé ici. J’ai été de la team vidéo. Elle est prenante. Certains pourraient dire qu’elle est sensationnaliste. Peu importe, chez moi, ça e eu son effet. Le contenu est aussi très clair.
    J’aime bien aussi l’idée de responsabilisation face à ce genre de situations. Je pense qu’en effet on est partie responsables. Je réalise cependant aussi aujourd’hui que quand on est psychologiquement touchez (c’est pas une faute ^^ #essai d’écriture inclusive) ou qu’on ne réalise pas qu’on est la “royauté d’un marché”, ça peut être compliqué de rebondir. Les limites sont nos limites, mais c’est parfois dur de les dépasser. Cet article peut y aider justement.
    Merci donc !

  8. Excellent travail, merci. Pour avoir été en arrêt 3mois et demi pour BurnOut ( “dépression” en France sur la feuille d’arrêt de travail), ce témoignage résume très bien le chemin de cet état que je ne souhaite à personne.
    A ce jour j’essaye de faire de cette expérience une force, ce qui fonctionne plutôt bien.
    Mais j’ai bien failli tout perdre, je pense que ces témoignages sont importants en terme de prévention auprès de tous.

  9. Ahh, ça me rappelle la fin prématurée de ma thèse de bioinformatique. Le manque de communication, les réveils la nuit, et le slow mode à la fin (mais le soulagement d’être parti è_é).

  10. Ça m’a fait penser au jour où, après avoir vu la démo d’une application, le directeur mes demande: en combien de temps tu peux refaire ça?

    Je ne connaissais pas là techno utilisée, ne savait pas à combien ils avaient bossé ni combien de temps. Je ne connaissais pas le périmètre exact de l’appli.
    J’ai répondu: entre deux jours et deux ans.
    Il a insisté.
    J’ai persévéré.
    Il a laissé tomber.
    Je l’ai échappé belle.

  11. Juste une question:
    Moi, je suis suis pas dev (je m’amuse perso, je suis pas comme vous, m’insultez pas merci), je suis infirmier, et je forme … des infirmiers quelle rapport?
    Ben cela fait déjà plusieurs fois que je vois des anciens informaticiens (je prends un terme vague et général exprès), qui ont tout abandonné pour changer de branche. Et ce n’était pas des jeunes en sortie d’école!!!
    Vous considérez cela est aussi une porte de sortie pour le burn-out?

  12. J’allais partager ton article à un ami mais j’ai lu « On fait du dev. Pas des fusées. »

    Il travaille dans un grand groupe… qui font des fusées. Il continuera donc à stresser. 😂

    Bref, excellent article, heureux que maintenant que tu t’en sois sorti.
    Je suis encore étudiant, futur développeur, tes articles m’aident à voir l’avenir et à me préparer à la réalité.

    Merci,

  13. Bonjour,
    Super article. Je me retrouve en partie dedans, je sors d’un burn-out mais dans un autre métier (lié à l’informatique).
    Par contre, je ne suis pas du tout d’accord avec ta conclusion : ce n’est pas de la responsabilité du ou de la salariée, mais de la boite, et c’est hyper important de le repeter pour éviter de rajouter de la culpabilisation à la celle d’avoir “échoué”.
    L’entreprise est responsable juridiquement de la santé au travail de ses salarié-e-s. C’est le rôle du ou de la manager de permettre à la personne de faire correctement son travail et réagir aux différents signaux.
    C’est lié à l’organisation du travail, et il existe des outils juridiques pour aider, comme le droit à la déconnexion.
    Et je ne suis pas du tout persuadée que de changer de boite soit la panacée, car pour ce que j’ai vu, les conditions sont assez similaires dans les boites, qui essayeront toujours de t’exploiter le plus possible…

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