Comment sont considérer les développeur(euse)s en France?

En dehors du titre, le générique masculin est utilisé sans aucune discrimination et uniquement dans le but d'alléger le texte.

Comment sont considéré(e)s les développeur(euse)s en France ?

Beaucoup de monde s’accorde à dire que les développeurs en France sont considérés comme des subalternes bas de gamme. Un centre de coût méprisé qui est juste là pour pisser du code. Mais à quel point ce constat de l’enfer est vrai ?



On en a gros

Je te vois, tu as lu l’intro, t’es fâché parce que je parle mal de ta profession. Calme-toi, je vais t’expliquer sur quoi je base tout ça. J’avais une perception légèrement négative sur la considération des devs en France. Mais alors quand j’ai fait des recherches sur les Internets, là j’ai halluciné. Apparemment, c’est super grave ce qui se passe. Tout le monde est super énervé et t’es dans le pire pays du monde.

On serait les laissés pour compte de l’ère numérique. Notre métier ne serait pas considéré et on serait des sortes d’ouvriers du digital. On est largement méprisé en entreprise. Malgré toute la valeur qu’on apporte, on est sous valorisés. D’ailleurs, qu’on le veuille ou non, on est condamnés à la stagnation professionnelle. De toute façon, développeur ça fait rêver personne et en plus on est mal payé quand tu compares au reste du monde. Bref, on en a gros.



développeurs france


Quand j’ai fini de lire tout ça, je me suis dit qu’il y avait du vrai. Mais que ça manquait vraiment de nuance et que les points de vues étaient trop biaisés. Et très franchement, ça serait très facile de faire pareil. Je pourrais chier sur tout le monde et dire qu’en France on est des malheureux maltraités. Mais ce sujet est beaucoup plus complexe que ça. Y’a beaucoup de variables qu’il faut prendre en compte.

Je me suis beaucoup renseigné sur le sujet, j’ai posé énormément de questions aux développeurs autour de moi et j’ai réfléchi à mon expérience personnelle. Bref, j’ai analysé tout ça et je vais répondre à une question. On chiale pour rien ou on est vraiment considérés comme des ploucs ?



C’est pas faux

Bon alors, commençons par l’espèce d’énorme éléphant multicolore qui clignote au milieu de la pièce. T’es pas dans le pays qui paye le plus ses développeurs. Alors, oui tu vas me parler de ton énorme salaire parisien, mais là je te parle à l’échelle du pays. C’est pas terrible. Même avec ton salaire parisien, tu fais pas le poids face à ton homologue américain. Et, pour le moment, je te parle même pas des maboules de la silicon valley qui lâche 200K USD pour un dev junior. De plus, faut arrêter avec ça, la France ne se résume pas à Paris.

Quand tu regardes les salaires en province, ça descend vite. D’ailleurs la différence Paris / Province est flagrante. C’est évidemment lié au coût de la vie, mais on reviendra sur ce point plus tard. J’entend énormément les développeurs parler d’une frontière vers les 50/55 K à dix ans de carrière. Et côté salaire médian, ça ressemble beaucoup à ça.



salaire


Ça correspond bien à la dernière étude de stack overflow sur le sujet. Évidemment qu’on parle de chiffre médian et donc il y a beaucoup de monde au-dessus. Mais en moyenne, cette limite existe. D’ailleurs quand tu atteins ces chiffres-là, t’es déjà pas mal. Tout le monde n’atteint pas ces sommes. Il y aurait même un monde en France où les développeurs seraient payés au SMIC. Un monde où tout le monde creuse.





À Kadoc

OK, alors, nuançons tout cet enfer cinq minutes. Déjà, on ne peut évidemment pas généraliser les compensations d’autant de monde. Les chiffres avancés en haut sont le fruit de plusieurs études, mais ce sont des moyennes. Y’a évidemment beaucoup de monde qui gagne beaucoup plus que ça chez les développeurs. J’ai des connaissances qui sont entre 60K et 70K sur la région parisienne et la vie est belle. Faut pas oublier qu’on fait partie des métiers les mieux compensés en France.



développeurs france


C’est quand on compare avec les autres pays de l’Europe qu’on commence à faire la gueule en effet. Si on compare avec les États-Unis, alors là on joue vraiment avec notre caca à côté d’eux. La raison principale pour laquelle la France fait pas le poids niveau salaire avec les États-Unis : les GAFAM. Ces géants font une de ces thunes, c’est un truc de maboules. Et comme ces géants se tirent la bourre les uns les autres, ils font tout pour attirer les développeurs. Leur principale technique ? Augmenter les salaires à des niveaux indécents.

Aujourd’hui, on atteint des trucs, ça fait aucun sens. Les rockstar à Facebook se font presque 1 million de dollars US en un an ! Ça prend une ampleur tellement folle que ca crée d’énormes inégalités de salaire dans la Silicon Valley. Inégalités qui ont un effet négatif sur la qualité de vie des habitants. On compare ce qui n’est pas comparable, alors oui, dans ces conditions on est mal payé.





Ensuite, le cas des développeurs français smicards, franchement j’ai jamais vu. J’ai jamais entendu personne me parler de ce genre de choses. C’est sûr ça doit exister, mais ça doit être plutôt rare. Tu es en position de force dans ce marché du travail. Donc ça doit concerner des sorties d’études dans des petites agglomérations. Là où les jobs ne sont pas si nombreux.

Enfin je trouve que les salaires médians sont bien en ligne avec la réalité. On est un peu la traîne comparé aux autres pays européen. Je pense qu’il y a deux raisons principales à ça.

La première raison est très simple. T’es moins bien payé en France en raison du système de protection Français. Ta couverture sociale est importante et une bonne partie de ta paie part dans tes cotisations. En France on a tellement pris ça pour acquis qu’on se rend plus compte que c’est un privilège. Un privilège durement acquis avec le combat des générations d’avant, mais un privilège quand même.

La seconde raison c’est le droit du travail Français. Tu peux pas dégager comme une merde quelqu’un du jour au lendemain aussi facilement que dans d’autres pays. Et ce détail à lui tout seul influe grandement sur ton salaire. C’est aussi une des raisons pour laquelle les freelances sont, en général, mieux payés que le reste. Alors je précise que c’est pas impossible de dégager une personne en CDI, mais il faut quand même un dossier en béton en France. Alors qu’au USA ca dégage en un claquement de doigt.

Bref t’es moins bien payé en partie parce que t’es mieux protégé. Et même si c’est très important, y’a pas que l’argent qui compte dans la considération d’un métier.



On aimerait être considéré en tant que tel

Si t’es toujours dev a 30 ans, t’as raté ta vie. C’est une phrase que j’ai entendue plusieurs fois en France. C’est lié à une façon de voir les choses très françaises. Tout ce qui est technique est incompris, sous-évalué et donc méprisé. Un mal très Français qui idéalise le management. Dès les études, on te fait comprendre que le but ultime est de devenir chef de quelque chose. C’est ça la vraie vie, arrête de jouer avec ton caca, il faut manager des gens pour être respectable.

La France est un pays littéraire. Dans ce contexte ton métier, d’ailleurs la tech en général, c’est du bricolage. T’es là pour réparer la télé de mémé à Noël. Ça va au-delà du monde professionnel, c’est culturel. Les entreprises suivent cette culture.

Cette façon de penser pousse beaucoup de dev qui aiment leur métier vers des positions de management. Des positions qu’ils détestent. Cette façon de penser est également préjudiciable pour les gens en reconversion qui décident de coder après 30 ans. Cette façon de penser angoisse énormément de développeurs sur leur avenir.



développeurs france


Dans beaucoup d’entreprises, on a des grilles. Et dans ces grilles, les développeurs sont en dessous. Il existe cette mentalité en France où ton salaire doit être exclusivement lié à ta place dans la hiérarchie. Peu importe la valeur que tu apportes à l’entreprise. Du coup, si tu veux évoluer il faut faire un choix. Tu restes que développeur ou tu deviens enfin manager. Et quand t’essayes de faire bouger les mentalités et les grilles, t’as toujours la même réponse.



grille


Elle est où la poulette ?

Encore une fois, il faut prendre un peu de recul et nuancer tout ça. Tout n’est pas noir ou blanc et tout le monde ne vit pas la même situation. C’est faux de dire qu’absolument toutes les boites de France méprisent leurs développeurs. Ta considération en tant que développeur va dépendre surtout de la boite où tu bosses. Dans ces conditions, la stratégie c’est de bien choisir où tu fous les pieds.

Il existe des boites type startup, éditeurs haut de gamme et certaines grandes agences qui voient de façon positive leurs développeurs. Dans ce type de structure, les développeurs sont valorisés. Rémunération, responsabilités et libertés techniques. Les développeurs dans ce genre de structure ne sont pas à plaindre. Et c’est exactement vers ce genre de boite que les développeurs focalisent leur attention.



développeurs france


De l’autre coté du spectre un type de boîte revenait 100% du temps dans la discussion. Les SSII ou ESN maintenant. Enfin, les marchands de viande comme tout le monde les appellent. Dans ces structures les développeurs sont vendus à la journée dans des conditions merdiques et pour faire au plus vite. Pour ta valorisation d’expert et la considération de ton métier, tu repasseras un autre jour. La réputation de ce type de structure est infernale ! Et comme beaucoup de personnes travaillent dans ces structures ça n’aide pas la considération globale du métier.

Je pense qu’il y a beaucoup de ressentis aussi. Il y a beaucoup d’incompréhension entre les entreprises et les développeurs. La plus grande incompréhension c’est qu’une entreprise pense business et qu’un développeur pense technique. Les développeurs qui sortent du lot sont ceux qui intègrent le business dans la technique.

Pour mieux comprendre ce point en particulier, j’ai envie de poser une question à quelqu’un qui connait très bien les développeurs et leur carrière. Une recruteuse tech aguerrie en région parisienne qui connait parfaitement ce sujet.



Dis Shirley, d’après ce que tu as pu observer, à quel point les développeurs sont condamnés à arrêter de coder pour gagner plus ?

Shirley Almosni

Je ne dirais pas qu’ils sont condamnés à arrêter de coder mais plutôt de penser le code différemment. D’ailleurs, dans l’étymologie du mot développement, il est question de sortir quelqu’un ou quelque chose de son enveloppe.

Je constate, trop souvent, que ce monde est resté dans son enveloppe, dans sa bulle laissant beaucoup de sujets de côté qui ont de la valeur. En effet, il s’agit de sujets qui ont de l’impact au niveau financier, au niveau de l’organisation, au niveau de l’évolution d’entreprise et de son business.

Au fur et à mesure de mes immersions en entreprise, de me rencontres candidats, de mes recrutements, de façon plus globale, j’ai pu entrevoir 5 rôles à forte valeur ajoutée (sur la base de mon ressenti, de mon expérience. Il n’y a aucune vérité absolue dans ce qui suit. Cela reste une observation ans mon quotidien de recruteuse) : 

Des techs qui savent parler business.

Ils font le pont entre les enjeux business et la technique, participent à l’avant-vente. Ils savent parler chiffres, ROI et ont une forte culture du résultat. Cela ne les empêche pas de continuer à mettre les mains dans le code. Justement, ces mains dans le code leur donnent une certaine crédibilité auprès des équipes et cela rassure aussi grandement les clients. Ces personnes ont souvent le titre de Solution Architect, Technical Evangelist. Les personnalités qui endossent à la perfection ce rôle que je pourrais citer sont : Adrien Blind, Guillaume Laforge.

Des techs qui n’ont pas peur de vraiment manager.

Je dis volontairement le mot “vraiment” car parfois, dans certains postes de CTO le T ressort plus que le C. Ce sont des tech lead ++ qui ont décidé de se donner la casquette de CTO car il en fallait un, à un moment donné, dans l’organisation, notamment face à des investisseurs dans un contexte de startup qui lève des fonds. Et ces personnes ne savent pas toujours manager, trancher, décider. Puis, il y a des CTOs qui ont davantage le C qui prédomine avec un T à hauteur de 20% environ. Ces individus ne se considèrent pas comme condamnés à quitter le code. Au contraire, ils continuent à faire de la veille, à être acteurs dans des conférences (co-organisateurs et/ou speakers), à donner des impulsions techniques qui sont le fruit de leur expérience, savoir-faire, erreurs passées. Ils sont aussi sur le terrain du développement au quotidien. Ils aiment le code mais ils sont clairement sortis de leurs enveloppes pour donner du sens au code, sa raison d’être (il manque cruellement des “pourquois” dans de nombreux projets en développement, “Pourquoi cette stack ?”, “Pourquoi ces choix passés ?” “Pourquoi cet outil ?“), et du sens aussi aux développeurs et développeuses de l’équipe dans la réalisation de leur travail au quotidien. Ils ont cette capacité à gérer aussi bien les failles techniques qu’humaines (des failles bien plus importantes et difficiles à gérer que des bugs techniques). Ils vont donc investir dans la montée en compétences, participer au recrutement des personnes de l’équipe, avoir des fois cette posture de “bad cop”, définir aussi des programmes de formation. Ils vont être le porte-parole de la tech auprès des autres services, des clients, des investisseurs, des fournisseurs. Ces postes sont rares et ultra centraux dans les entreprises. Des personnalités qui endossent à la perfection ce rôle que je pourrais citer : Julien Dollon, Dimitri Baeli, Quentin Adams.

Des techs qui vont sur des sujets strat/change management.

Ces techs là ont également une énorme valeur dans les entreprises. Ils font le pont entre les équipes tech et le métier et impulsent de bonnes méthodes de travail qui vont s’implémenter au niveau de l’organisation des projets (méthodes agiles) jusqu’au code (bonnes pratiques de développement). Ces personnes sont également sorties de leurs enveloppes en pensant le code comme un moyen et non comme une fin en soi. Ils pensent flux, process, agilité et capacité à changer les mentalités, la culture, l’organisation pour mener à bien les projets techniques. On les retrouve grandement dans des rôles de Project Manager, de Coach Organisationnel, Coach Agile, ou encore de Coach Craftsmanship. Ils pensent aussi grandement business et satisfaction client. Ces techs cherchent à inclure les métiers dans l’équation. Ils vont dans le champ des problèmes (comme dirait Arnaud Lemaire), avant d’investiguer le champ des solutions techniques. Ils prennent de la hauteur de vue et cherchent avant tout le bon déroulé des projets en impulsant de la communication et de bonnes méthodes de travail. Les personnalités que je pourrais citer : Thomas Pierrain, Nathaniel Richand

De techs ambassadeurs de la marque/communicants.

L’entreprise mise sur ces personnes pour rayonner à l’extérieur, faire de l’acculturation, aller chercher du business, faire du réseau. C’est typiquement la casquette qu’endossent Julien Dubois chez Microsoft ou encore David Pilato chez Elastic. La marque mise sur une “communication mobile et visible” que sont ces individus. Ils sont donc très bien payés pour ça, formés pour incarner la techno portée par la boite, et vont faire des conférences un véritable espace de travail et de visibilité. L’entreprise va inclure ces activités dans la job description. Ils ne quittent donc pas le code. Au contraire, le code est leur outil de travail tant auprès des clients dans la vente et la mise en place des solutions techniques, qu’au niveau du contenu partagé dans des conférences et dans des formations.

Enfin, des techs super tech.

Ce sont des personnes qui, grâce à leur expérience, ne maîtrisent pas juste une techno donnée type Java mais tout un écosystème donné : écosystème frontend ou écosystème Data ou écosystème Ops. Ils ont navigué dans différentes organisations (startups comme grands groupes), font continuellement de la veille sur leur domaine de prédilection, s’ouvrent aussi les chakras en allant sur des technologies similaires/ nouvelles. Ils ont baigné dans différents contextes techniques leur permettant d’avoir rapidement la solution au problème donné, d’avoir une crédibilité naturelle pour chatouiller les sujets complexes qui demandent un certain niveau de maturité technique. Ces techs codent bien évidemment mais ils sont capables d’appréhender les problèmes en profondeur, de faire du mentoring technique (pas forcément du management) avec le métier, les nouvelles recrues, les personnes plutôt juniors. Très souvent (pas tout le temps), ces personnes deviennent freelances leur permettant d’aller plus loin dans leur domaine de spécialisation technique avec cette capacité à perfectionner leurs compétences dans diverses contextes techniques. Les personnalités que je pourrais citer sont : Arnaud Lemaire, Raphaël Lutta, Christophe Calvès

Pour donner un ordre de grandeur concret concernant les salaires associés à ces types de profils cités plus haut, peuvent aller de 80 K€ à 150 K€ (en France, sur la région parisienne).

Je dirais donc que le rapport au code a changé. Ce n’est pas la personne tech qui doit rester ou non codeur.se mais plutôt le code qui doit être de moins en moins technique, mieux compris par le métier, mieux appréhendé au niveau du business (performance, scalabilité) et aussi pensé/ projeté sur des enjeux de bien-être au sein de l’entreprise (bonnes pratiques de développement, organisation plus agile, meilleure communication entre les équipes, recrutement de qualité et formation, etc.)

Tu peux retrouver Shirley sur son twitter ou son blog. Tu y trouveras du contenu pertinent et drôle sur ton domaine et tout ce qu’il y a autour. Je te conseille fortement d’y jeter un œil. Merci beaucoup Shirley d’avoir pris le temps de répondre à ma question avec autant de détails !



Pour finir, une des conséquences de tout ce qu’on vient d’aborder c’est que les développeurs commencent à trouver des alternatives. Le nombre de développeurs qui passent freelance pour se libérer des entreprises augmentent considérablement. Certains décident carrément de s’expatrier pour voir la différence.



Merci, de rien, au revoir messieurs dames

En 2019 on a atteint le chiffre de 930 000 freelances rien qu’en France. Une croissance de 145% en dix ans. D’après l’étude de Malt la majorité d’entre eux sont dans le domaine de la tech. Et 79% des freelances exerçant un métier tech gagnent plus qu’en étant salariés. La majorité d’entre eux est d’abord allée chercher une liberté dans leur travail, qu’elle soit technique ou personnelle. Je te parie que beaucoup d’entre eux sont aussi allés chercher une reconnaissance au niveau de leur compensation. Et la ruée vers le statut freelance ne fait que commencer.



freelance


En fin 2015 j’avais un bon job à Lyon. Mais j’avais besoin de changement. Ça aiderait mon propos ici, mais très sincèrement, je ne vivais pas mal du tout d’être développeur en France. Malgré tout, quelques mois après la prise de décision, j’ai tout vendu et je me suis barré au Canada. En une semaine sur le territoire Canadien j’ai trouvé un job qui doublait mon salaire net. Mais surtout je me suis retrouvé au milieu de développeurs de tout âge qui étaient traités comme des divas. Et c’est là que je me suis rendu compte de la différence avec la France.



Épilogue

Il paraît que la France est un paradis peuplé par des gens qui se croient en enfer. Si une partie des développeurs est en effet considérée comme des subalternes, c’est faux de dire que c’est une généralité dans le pays. Même si cette mentalité française envers la technique est exaspérante, j’ai l’impression que ca s’arrange avec le temps. Tout ceci est le fruit de beaucoup de recherche et de discussions. J’ai sans aucun doute tort quelque part ou j’oublie de préciser certaines choses. Ça serait super si tu partageais ton propre ressenti sur les développeurs en France dans les commentaires pour qu’on puisse tous en profiter.

Qui me parle ?

jesuisundev
Je suis un dev. En ce moment je suis Backend Développeur / DevOps à Montréal. Le dev est l'une de mes passions et j'écris comme je parle. Je continue à te parler quotidiennement sur mon Twitter. Tu peux m'insulter à cet e-mail ou le faire directement dans les commentaires juste en dessous. Y'a même une newsletter !

Commentaire(s)

  1. Salut à toi,
    Je te rejoins sur presque tous les points, mais je veux surtout parler d’une expérience passée par rapport au smic.
    J’ai fait une reconversion pro, et peu de temps après mes deux premières expériences, je devais revenir dans ma région, pour ça, j’ai trouvé un poste en agence. Je ne vais pas citer l’agence, mais en tous cas, j’avais le droit à 1200 euros net pour 39 heures/semaine. Et au final, je me suis fait virer comme de la m…. Au début, j’avais la haine, une incompréhension, mais au final aujourd’hui ça va beaucoup mieux, bref tout ça pour dire, oui, ça existe vraiment.

  2. Article très sympa à lire et belle intervention de Shirley, je vais vite voir son Blog ! Pour apporter de l’eau au moulin, étant en France et en province, j’ai décidé de donner mes salaires : https://www.youtube.com/watch?v=BafKcyXh-3E

    Principalement pour deux raisons :

    – J’ai évolué sur différents métiers (technicien Systèmes et Réseaux, Développeur, expert technique, consultant sénior, chef de projet) et cela permet d’avoir une idée terrain des évolutions de salaires en fonction des changements de poste.
    – J’ai toujours eu un doute sur les grilles de salaires dans les sondages, les différences entre Paris province, j’aurais aimé que quelqu’un le fasse en transparence, alors je l’ai fait 🙂 En espérant que ça donne un complément de vision terrain et aide le plus de monde possible.

    Ce n’est pas représentatif (basée sur une personne) mais c’est authentique !

    En sent tout le travail que tu as fait, c’est de qualité avec une écriture toujours fidèle à l’auteur 😉

    Vivement le prochain article, bravo !

    1. En France, le pôle emplois fait campagne en expliquant que si tu es paumé et que si tu ne sais pas quoi faire dans la vie… Mais pourquoi donc ne deviendrais tu pas développeur ? Grâce à une formation de trois mois tu deviendras développeur full stack… Voilà un autre constat de la vision France de ce qu’est un dev alors que l’étendue des connaissances nécessaires pour faire une app web est énorme. Quand aux clients, certains, et tu soulignes l’ego dans un autre article, on un problème d’ego et laissent des commerciaux vendeurs de balais jouer les archi , prôner l’agilité alors qu’ils sont colles à leur rétro planning, pondre des spec sur des PowerPoint regroupant des exigences techniques dont ils ne maîtrisent aucun principe. Puis d’autre sont en mode “non c’est bon les détails on s’en fou, de toute façon c’est trop cher…”

  3. Comparer les salaires français aux autre pays ça ne sert pas à grand chose , sauf si le dit pays offre exactement la même chose. Pour les US par exemple , une assurance qui arrive au niveau de couverture de la sécu + ta mutuelle à 50 balles , c’est de l’odre du millier de dollars , voir plus. Idem pour la fac de ton gosse qui te coute 180€ chez nous et qui va coûter plusieurs dizaines de milliers chez eux.
    Bref les salaires c’est très difficilement comparable.
    Même en France c’est dur à comparer en fait. Avec mes 45K en province, je roule pas en tesla model S mais je vis plutôt bien.
    Rien que si j’allais un peu plus au sud vers Lyon , je pourrais pas me payer la maison dans laquelle je vis actuellement avec le même salaire , donc bon …

    En revanche ce qui est certains c’est que des pays comme les US ou le canada n’ont pas du tout la même considération pour les développeurs.

  4. Je me souviendrait toujours de mon premier amphi lorsque j’était étudiant il y a 20 ans : “dans 2 ou 3 ans vous pourrez passer chef de projet et vous serez enfin bien payé…”.
    Ça m’a tellement démotivé dès le premier jour.

    1. Je suis chef de projet, en région parisienne, 12 ans d’ancienneté dans ma boîte (d’abord comme dev), mon salaire est basé sur la grille de la convention collective et je dors dans un canapé parce que les loyers ici sont trop cheatés. Ton prof me fait rire 🙂

  5. Hello,
    Article très intéressant et qui rappelle des choses importantes (le côté social en France notamment, les inégalités aux USA).
    Par contre petit retour d’expérience finalement assez différent du tien après 10 ans en France, en île-de-France, comme développeur au début puis architecte SI maintenant:
    – un des gros problème pour moi est lié aux conditions de travail: travailler de 60 à 80h par semaine est presque devenu normal dans beaucoup d’entreprises où je suis passé (en île-de-france), et avec la question de la santé dans la durée. Evidemment ce n’est pas partout, mais tous ceux que je connais qui sont parti au canada/reste de l’europe mettent en avant ce point là dans leur décision d’expatriation.
    – les salaires des développeurs en région parisienne sont plus élevés que dans le reste du pays, mais finalement loin d’être suffisant pour qu’un certain nombre puisse vivre la belle vie (j’ai des collègues qui ne peuvent se loger qu’a 2h de trajet du boulot par exemple, d’autres qui ont compté qu’ils ne pourraient pas payer la garderie et nounou s’ils voulaient un enfant).
    – à partir du moment où je suis parti sur des postes qui vont au delà du code seul, le code justement m’a été interdit car “dévolarisant”. Les seules offres d’emploi que je trouve qui mélangent les 2 sont en l’étranger (et ces profils mixtes semblent très valorisés).

    Mon expérience est forcément très personnelle mais j’ai quand même le sentiment que même s’il y a beaucoup de choses bien en France, il n’en reste pas moins que j’ai toujours l’impression d’avoir le choix entre être l’ouvrier 2.0 aux yeux des entreprises et celui qui sera bien valorisé mais ne devra en aucun cas mettre les mains dans le cambouis.

  6. Encore un article intéressant et bien documenté.

    Seul regret, on compare souvent le salaire brut Français aux salaires Américains. A mon avis il serait limite judicieux d’inclure les charges patronales dans ces comparaisons.

    A titre d’info, certaines boites américaines embauchent parfois en remote partout dans le monde. Quand elles annoncent 100k$ peu importe l’endroit ou on vis, c’est souvent 100k$ en couts finaux pour l’entreprise. Si elle a une entité en France (plus rare) il ne faut pas s’attendre a 100k$ brut. Et la plupart du temps il faudra passer freelance pour faire 100k$, les cotisations sociales seront donc à vos frais. On vit tout de même très bien.

    A noter que de plus en plus de profils reconvertis arrivent sur le marché, et certains ont l’air de pas mal galérer pour avoir leurs premiers posts, je pense que pas mal accepteraient un smic.

  7. Pour être passé de Paris à Grenoble, j’ai perdu environ 15-20% de salaire mais pour des conditions de vie bien meilleures : j’ai pu acheté un appartement 5 fois mois cher qu’à Paris avec 2 fois plus de superficie, je met que 15 min pour aller au boulot le matin en vélo, j’ai les montagnes juste à coté. Niveau intérêt du job je pense que dans toute grande ville un peu tech on peut trouver son bonheur aussi bien qu’à Paris, et après il reste toujours le télétravail pour les amateurs. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas que le salaire qui fait le bonheur.

    L’article permet de bien statuer sur le salaire du métier. Bien sûr on ne s’attendait pas à découvrir qu’on est sur payé mais c’est également important de montrer que les avantages ne sont pas seulement pécuniaire. J’ai également apprécié le fait de montrer qu’en France on est souvent amené à prendre des responsabilités pour monter en salaire, ce qui n’est pas toujours souhaitable, pour moi c’est aujourd’hui ma plus grande crainte sur le fait de rester en France.

    Aujourd’hui je ne suis pas encore prêt à m’expatrier même si les salaires sont plus important, en grande partie parce que le salaire ne fait pas tout et que je ne suis pas dans une situation où je me sent lésé sur mon salaire. Après c’est comme tout, on ne peut pas se rendre compte de la vie dans un pays avant d’y avoir mis les pieds, et je ne suis pas contre aller faire un tour au Canada un jour.

  8. Bonjour, de mon expérience de reconverti, il y a beaucoup beaucoup de formations et beaucoup de gens dans mon cas. La moi j’ai un poste et tout va bien, mais mes petits camarades ils ont dû galèrer et faire des milliers de demandes pour avoir un premier poste. Alors à mon avis ce genre de profil a de grandes chances d’accepter un smic pour gratter un peu d’expérience et changer de boulot. J’ai déjà vu ça arriver mais pas en ESN, plutôt dans des pme ou petites boîtes.

  9. De toute façon, vous finirez tous «manager» à vous palucher 300 emails par jour et 25 coups de téléphone 😉
    Ouvrez les yeux les gars, la France est en pleine récession et le MEDEF qui pilote n’a ni envie de vous payer correctement ni envie que vous touchiez une retraite ;).

  10. En tant que jeune arrivant, j’essuie les plâtres d’un système qui s’adapte trop peu et qui se libéralise trop vite : école privée qui annule l’alternance au dernier moment (pas assez d’alternants ayant trouvé d’entreprise, pas rentable pour eux, pas d’année de licence pro pour moi)
    De l’autre côté, le patron de boite de com avec qui j’avais signé me dit : “pas de souci, ouvre une entreprise on commence à te faire bosser”
    Ah ah, naïf que je suis. Six mois plus tard j’apprends sur societe.com qu’il est en redressement judiciaire, ce qui explique son silence radio face à mes factures.

    Essayant de retomber sur mes pattes avec le freelancing en junior : bon courage.
    Entrer en compèt avec une armée de trentenaires reconvertis qui ont déjà un réseau à qui vendre des wordpress, et les ingés avec 10 ans d’xp qui gèrent les projets de dev pointus sur le bout des doigts, c’est pas envisageable. Rabaisser sa grille tarifaire c’est s’exposer à la compèt’ avec tout le tiers monde sur fiverr sans compter la tronche de la clientèle qu’on ramasse dès qu’on tire les prix vers le bas.

    Bref, aujourd’hui avec mon contrat d’intérimaire à 1 700 dans l’industrie chimique je me dois de m’estimer heureux même sans congés à noël ni mutuelle…
    Aujourd’hui une PME s’intéresse à mon profil mais ça les dérange de me payer un SMIC, puisque si on embraye après un CDD sur une alternance ils ne pourront pas me payer moins que le SMIC, trop mal fait dis donc ce droit des travailleurs… Et à ce moment là c’est la faute des cotisations, la faute des écoles car impossible de trouver des devs potablement formés sur des technos récentes, ou alors ce sont des profils trop volatiles qu’ils arrivent pas à garder. (on se demande pourquoi ..)
    BTS is the new BAC, faire les vendanges et la mise en rayon pour manger en tant que “Technicien supérieur” ça va tant que je suis encore dans la première moitié de la vingtaine, mais il viendra vite un moment ou je finirais soit gilet jaune, soit dev symfony pour à peine 15k.
    Ma copine à signé son CDI dans une ‘start-up’, comme moi elle déborde de loin sur tous les points de son contrat: horaires, missions, week-ends en salon à droite à gauche. Pour le moment après un an à ce rythme, elle est toujours payée au minimum légal, parce que tu comprends la start-up, c’est l’entreprise du futur qui a tout a bâtir.
    Bref, nous aussi les jeunes on en a gros…

  11. @MissingSemicolon

    Bienvenue dans la vie.com…un monde dessiné par vous, pour vous 😉

    Les jeunes vont commencer à réaliser que le néo-libéralisme et l’ouverture qu’on nous vend depuis 40 ans, c’est pour leur mettre bien profond 😉

    Un conseil, arrêtez de glander sur Twitter et Youtube…lisez, vous comprendrez mieux le monde qui vous entoure et saurez vous défendre.

    Votre pire ennemi est actuellement l’État.

    1. Par vous, pour nous tu veux dire ?
      L’impression d’avoir participé au desseins de ce monde, tout comme toi je l’attends encore. On y arrivera peut être.
      Le “néo-libéralisme et l’ouverture qu’on nous vend depuis 40 ans” ? Ben, ça fait que 23 ans que je suis là et que quelques années que ça me concerne, t’es ptet pas au courant mais on à connu que ça pour le moment.
      Si tu résumes internet à Twitter et Youtube, c’est ton souci, mais c’est pas mon cas. Internet, je lui dois quasi toutes mes compétences, faut pas compter sur deux ans de BTS dans le public pour faire le poids. Heureusement qu’on a quelques blogueurs affûtés pour s’enrichir un peu. On peut déjà compter sur les autres à travers le web pour se défendre, t’en fais pas pour nous.
      Tu connais Reddit ? r/vosfinances, tu devrais checker, c’est un bon exemple, ceux qui sont ‘in’ parlent de ‘FIRE’. Discutable moralement mais intéressant.
      Enfin, j’ai jamais autant lu que sur mes écrans, et pour la moitié en Anglais. Tu noteras que mon orthographe est pas dégueu, et qu’à vingt ans j’ai ouvert mon entreprise, choisi mon statut juridique, mon régime d’impôt, rédigé mes CGV et cahiers des charges.
      C’est se tromper que de nous considérer si passifs dans l’usage d’internet actuel, en tous cas la généralisation est abusive.
      Notre ‘pire ennemi’, c’est pas le notre, et c’est pas en une élection présidentielle qu’on à eu le temps de le façonner pour nous.
      Puis c’est pas sérieux ce ‘Bienvenue dans la vie.com’. Gardes le, le domaine est en promo chez ovh. Vous les vieux qui savaient, si vous le saviez depuis le début, vous avez rien fait pour vous y opposer ?
      En tous cas moi je me retiens de cracher dans la soupe quand j’ai pas bougé le petit doigt quand ça tournait au vinaigre.
      De toutes manières à l’instar de la transition écologique : priez pour que vos enfants ne vous considèrent pas coupables de l’état du monde actuel que vous décriez tant, parce que quand les têtes tomberont elles auront des cheveux blancs ça c’est sûr.

      1. Ce qui me sidère chez les jeunes d’aujourd’hui, c’est leur incroyable certitude. Ils pensent tout savoir alors que c’est la génération la plus ignorante et de loin. Un peu d’humilité ferait du bien, mais la vie s’en chargera…

        1. Pardon mais ma génération, celle des jeunes, s’intéresse à la politique, l’écologie, la géopolitique et l’avenir de l’humanité.
          La votre, elle s’en est tellement désintéressée qu’elle a tout bousillé pour nous laisser un tas de merde aujourd’hui. Incapable de prendre conscience du désastre écologique et humain qu’elle était en train de mettre en place.

          Nous sommes au contraire la génération la plus cultivée que l’humanité ait connu simplement parce que nous avons un accès illimité au savoir grâce à Internet. Savoir qui a votre époque, et antérieurement, était réservé aux plus fortunés. Et c’est bien ce qui vous inquiète : vous retrouver démunis face à vos propres enfants. Vous rendre compte que vos rejetons, avec des dizaines d’années de moins que vous, ont des dizaines d’années d’avance sur leur appréhension du monde. D’ailleurs, les poncifs ridicules dont tu abuses ne vont pas dans le sens de ton postulat : si tu es vraiment moins ignorant, alors tu devrais être capable d’argumenter sur pourquoi. Et c’est pourtant le plus jeune qui vient de te mettre en défaut ;).

          Au passage, je n’habite plus chez mes parents depuis que j’ai 16 ans. J’en ai 27 aujourd’hui : OK boomer.

  12. Hello,
    Merci pour cet article, très intéressant. Je dirai qu’ au bout de 15 ans chez les ESN, c’est la façon d’évoluer techniquement, professionnellement, qui fera votre personne. Le salaire sera bien plus proche des 65k au bout de 15 ans que 50k.
    Maintenant, et si je vous disais que je suis un porteur de projet sérieux, avec une idée qui va changer tout ça dans le monde l’informatique. Je cherche sur Paris, des co-fondateurs pour mener ce projet au bout. Contacter moi par mail et on prendra un café ou autre pour parler de tout ça 😉

    1. @Minh

      Mais pas en tant que dev.
      J’ai plusieurs fois entendu le discours classique de la grosse ESN : “On ne recrute pas de dev de + de 30 ans parce que, si à 30 ans t’es encore dev c’est qu’il y a un soucis. Et dans tout les cas un dev de 30+ ans, il va demander un gros salaire, mais on peut pas le facturer assez pour garder nos 50%+ de marge !”.

      @MissingSemicolon
      Symfony ça paye pas si mal 😉

      1. C’est vrai tu marques un point ! Mais mon exemple tiens toujours (à moitié).
        Y’a Symfony et Symfony : Prestashop c’est du Symfony maintenant ! ^^’
        Du Prestashop en boite de com et ESN c’est légion quand c’est pas du Shopify …
        Et ça jusqu’ici, j’en ai bouffé qu’en stage non rémunéré et en freelance …

        1. Je trouve que tu as bien résumé la situation sur le sujet des freelance, en effet quand t’es jeune et en freelance, tu vas en ch… En effet comme tu l’as dit, tous les trentenaire et + (dont je fais parti) envisage fortement cette situation car plus rémunéré, je l’ai clairement vu dans mon entourage.
          Si tu cherches un post en tout cas j’ai des contacts qui pourraient t’intéresser, hésite pas a me demander.
          Sinon pour réagir a l’article, y’a une autre variable a prendre en compte, c’est le réseau et sa capacité a savoir se vendre en interne ou même lors de l’entretien, j’ai lu un chiffres l’autre jour, y’a 8 000 000 de postes de dev a pourvoir en France pour 7 000 000 de dev (pas forcément toujours de bonne qualité) c’est a vous de faire comprendre en entretien pourquoi vous êtes bons et que si l’entreprise ne veulent pas payer, vous n’avez que l’embarra du choix contrairement a eux.
          Il suffit de regarder LinkedIn, j’ai au moins 3 offres de chasseur de tête par semaine. La balle est dans notre camp, c’est a nous d’imposer nos règles tant qu’on peut

          1. Avec une population active de 25 millions, j’ai du mal à croire qu’il y a 7 millions de développeurs en France. As-tu une source ?

  13. Merci pour cet article et aussi pour le point de vue de Shirley. Elle a bien résumé et elle vous explique parfaitement qu’il y a la possibilité de s’épanouir, et d’être correctement payé.
    J’ai envie de donner un point de vue de vieux développeur, pour donner de l’espoir et vous partager un autre point de vue.

    J’ai un parcours classique : développeur pendant 10 ans, puis free-lance pendant 8 ans. Et depuis 1 ans je suis le patron d’une SSII de 30 personnes. Et pourtant, je continue à coder, et à bosser sur d’autres projets comme l’organisation d’une conférence sur Paris.

    Les choses évoluent dans la perception de notre métier. Le Français moyen aujourd’hui sait qu’il existe des développeurs(ses). Si vous ne voulez pas être “manager” ou “chef de projet” : personne ne vous force. Je pense que la croyance populaire “il faut être manager pour être mieux payé” est assez pauvre. Lorsque tu as 10 ans d’expérience, tu auras l’impression d’être le meilleur. Ton ego arrivera 10 mn avant toi. Lorsque tu en seras là, tu passeras freelance car tu ne trouveras pas d’autres postes dans ton entreprise. Et puis un jour, mais il faudra que tu attendes 15/20 ans d’expérience (comme la plus-part des personnes que Shirley a cité) tu te rendras compte que tu as un super-pouvoir. Ton pouvoir c’est que tu peux transmettre ton expérience et tes connaissances. Tu seras peut-être super-architecte ou CTO, ou tech-évangéliste (comme David Pilato chez Elastic).

    Et ça, mon ami, ça se monétise. On peut appeler cela “manager” mais c’est pas tout à fait la vision qu’il faut en avoir.

    Lorsque tu arrives à faire travailler 10, 20 ou 100 personnes : ta valeur (et donc ton salaire) vont logiquement fortement augmenter. Car au final, ton nombril et toi le soir qui s’endort dans ton lit en pleurant car tu n’as eu que “50k cette année” : on s’en fout pas mal.
    Dès lors que tu as l’opportunité de commencer à encadrer, former et aider d’autres développeurs, des alternants ou des collègues en reconversion : ton salaire augmentera. Surtout : tu auras la possibilité de faire changer la vision des autres. Ce seront d’autres managers, des clients ou tes associés dans ta startup. Tu seras toujours le “geek” de la bande. Mais en secret, les gens seront toujours épatés de ta capacité à faire des trucs improbables, payé aussi bien.

    Bref pour moi, ce métier c’est du compagnonnage : je crois sincérement que tu te dois de transmettre, et d’aider d’autres personnes.

    Enfin revenons sur terre : c’est un métier où les niveaux de salaire sont relativement importants par rapport à d’autres professions. Nous avons la chance d’avoir un taux de chômage plus bas que la moyenne des autres emplois. Nous avons aussi la possibilité de nous former, de découvrir un framework chaque année, d’aller à des conférences…

    Tu veux aller aux USA ? Vas-y. Tu veux aller au Canada ? Yolo ! PVT par ici.

    Je peux citer trois salariés à Paris, entre 40 et 50 ans, payé chacune au moins 150 000 euros et qui sont des développeurs. A Paris, en France. Et en même temps, je n’en connais que 3 (sur des dizaines de développeurs… j’avoue que je connais pas mal de monde…). Les 3 travaillent chez Criteo Labs, chez Google et chez Microsoft.

    Caractéristique de ces 3 profils : elles ne sont pas dans leur coin à coder. Elles sortent, elles partagent, elles donnent de leur temps, font partie d’un projet open-source pour l’une d’elles et ces 3 personnes génèrent bien plus de valeur à leur employeur, qui logiquement, les rétribuent.

    La valeur que tu apportes à ton entreprise. C’est de là que vient ton salaire.

  14. «La valeur que tu apportes à ton entreprise. C’est de là que vient ton salaire.»

    C’est beau la naïveté, j’ai presque une petite larme qui coule de mon oeil ;), encore un progressiste 😉

    Sérieusement les jeunes, n’écoutez pas ce genre de bullshit. Dès qu’un gars dans le même texte emploie les mots : valeur, vision, startup, manager, compagnonnage…vous devez direct vous méfier.

    L’épanouissement dans le travail ça n’existe pas à moins vraiment d’être naîf et d’être né dans un oeuf. Le travail c’est le point de rencontre entre la vente de vos bras ou de votre cerveau contre une rémunération, ça s’arrête là. Soyez honnête, humble, maîtrisez la rédaction, soyez professionnel et discret, cela sera davantage payant sur le long terme, évitez les startups, les SSI, les faux résaux professionnels (Twitter, Linkedin…), ce sont des nids d’usurapateurs au niveau technique très bas, à la rémunaération basse mais à la facturation haute.

    Rappelez-vous que ce sont les managements successifs et la course au taux de profit qui ont détruit le milieu du travail.

    La qualité n’importe plus, c’est la rapidité et la facturation qui importe désormais. Le seul objectif est le maintien du taux de marge (réellement ou artificiellement), les salaires n’en sont que la conséquence.

    1. Commentaire exceptionnel de clairvoyance, ça fait plaisir de voir des gens qui ne se laissent pas berner par le bullshit startup/ESN/Linkedin ….

    2. “Le travail c’est le point de rencontre entre la vente de vos bras ou de votre cerveau contre une rémunération, ça s’arrête là.”

      J’en connais un qui a séché les cours de philo au lycée…

      Dans l’ensemble, ce que tu dis est vrai. Mais ce n’est pas une généralité. Oui il y a des entreprises qui exploitent et, même si tu es très bon, que tu partages, etc., tu ne seras jamais récompensé : “si t’es pas content va voir ailleurs” qu’ils disent souvent. Et, oui, on peut dire que les grosses ESN ont cette étiquette.
      Mais il n’y a pas que ça non plus. Certaines entreprises ont compris qu’un salarié heureux a plus de valeur. Dans mon entreprise précédente, “valeurs startup”, j’étais dans la situation que tu décris. Aujourd’hui je suis chez un gros assureur et c’est tout l’inverse. J’ai des collègues de 50+ans qui sont développeurs, très bien rémunérés et qui ne sont pas considérés comme des ratés. Certains sont passés manager, n’ont pas aimé, sont redevenus développeurs sans jugement de valeur ni mise au placard.

      Ce que dit Nic, c’est qu’en dépassant ta simple fiche de poste, en partageant en interne comme à l’extérieur de l’entreprise, tu rencontres des gens, tu te fais connaitre, tu construis ton réseau. Et c’est principalement comme ça que naissent les opportunités, il ne faut pas se leurrer. L’opportunité de travailler dans un meilleur contexte que celui que tu décris.

      Alors, oui, ça prend du temps. Il faut l’avoir, le temps, mais également l’envie. Et ça résume un peu tout. Quand tu dis que “Le travail c’est le point de rencontre entre la vente de vos bras ou de votre cerveau contre une rémunération, ça s’arrête là.” ça laisse l’impression que c’est purement alimentaire.

  15. Je crois que malheureusement c’est plus grave. On est un vieux pays cartésien qui ne reconnaît pas ces “nouveaux” boulots et leurs apports, fondamentaux.
    Et avec ces nouveaux savoirs, vous bousculez les hiérarchies existantes qui ont du mal à suivre avec le numérique.

  16. Je peux pas t augmenter tu comprends, tu n as pas de responsabilité de manager …

    Bah non, l embarqué, les apps mobiles et le backend , le front et l ops … en gros tout les softs de la startup seul … ca va faire un trou quand je vais partir … 44k annuel

  17. 12 ans d’XP, 42K en Bretagne. Au début de l’article je me disais “50K? OLOLILOL!”. Mais après réflexion, je vis bien avec mes deux enfants et mon homme au même niveau salarial que moi. Aujourd’hui je recherche surtout du temps (==CP/RTT) pour profiter de ma famille, et je me dis que c’est une variable qui se prend en compte…
    Sinon je suis ravie du parti pris sur cet article de nuancer l’idée bien ancrée du “développeur français payé au lance pierre”, ça remets les choses en perspective. Merci :).

  18. Je suis totalement d’accord avec cet article. Quand j’ai commencé à bosser, j’étais déjà cadre mais, comme moi, tous mes collègues concevaient et écrivaient des programmes eux-mêmes, c’était normal. J’ai commencé à un poste où ma responsabilité allait de l’interview d’un client pour savoir ce qu’il voulait jusqu’à la formation sur l’application que j’avais conçue, en passant par l’analyse, le développement, les tests, l’installation et parfois même la commande du matériel. Ce furent les deux plus belles années de ma carrière. Maintenant que je suis à quelques années de la retraite, dans le service informatique d’une grosse boîte (10000 employés et non pas “collaborateurs”, je hais ce mot), je suis devenu un vilain petit canard, voire un paria, parce que je m’obstine à concevoir et écrire moi-même des applications web. En effet coder est tacitement interdit aux cadres depuis plusieurs années, ceux-ci passant leur temps dans des réunions ou des visioconférences, qui se terminent le plus souvent par choisir une date pour la prochaine. Je demande parfois à mes chefs “Mais à quoi tu sers ?” : ça les vexe… J’ai choisi le métier de l’informatique il y a 36 ans pour utiliser mon cerveau, pour développer ma créativité et mon imagination, pour résoudre des problèmes le plus élégamment possible. Actuellement coder est dévolu aux sous-traitants, mal payés, peu considérés, corvéables et remplaçables à merci. Ça ne me plaît pas.

  19. “Si vous êtes encore développeur à 30 ans, vous avez foiré votre vie” c’est exactement ce qu’on nous avait balancé en BTS et qui me répugne.
    J’aime coder, c’est mon métier et ma passion, le management c’est absolument pas mon dada. Dans ce cas pourquoi je devrais changer de métier pour être mieux payé ?
    Très bon article en tout cas.

  20. Hello, je lis pas mal de pessimisme dans les commentaires… perso j’ai l’impression d’être le roi du pétrole en France, pour une raison simple : c’est facile de changer de travail quand on est pas trop mauvais. Pour avoir recruté des devs, c’est ouf à quel points des personnes peuvent être passives et quelque part choisissent d’être malheureuses. C’est plus compliqué pour les jeunes qui se lancent mais pour le coup du manager sinon loser… Faut sortir des grands groupes. Je rêve de recruter des devs ceintures noires de 40a perso.

    1. Je rejoins ton analyse, sur le fait de changer facilement. J’ai 40 ans et j’ai changé de boite pour la 1ère fois l’an dernier. Depuis j’ai beaucoup de propositions (en province), certaines très concrètes qui font que je ne m’inquiète pas pour trouver un emploi ailleurs si le mien ne me satisfait pas. Des offres de dév je précise, je n’ai pas (encore ?) envie de passer à autre chose que de la techno.
      Par contre en effet niveau salaire ça reste loin des 50k mentionnés un peu partout.

  21. Je suis assez loin en-dessous des 50k€ dont parlent certains. Probablement parce que je suis une femme, en province, et que je privilégie l’intérêt des projets au salaire.
    Cependant, trouver que notre métier est sous-valorisé me semble exagéré. Au lieu de regarder les salaires des informaticiens dans les autres pays, juste jeter un oeil aux conditions de travail et aux salaires des ouvriers du bâtiment, ou des hommes de ménage, qui ont des métiers vraiment utiles et peu valorisés.

  22. Bonjour,

    51k fixe pour 9 ans d’expérience à Lyon ici. Après je suis dev mais je fais aussi du lead, recueil client, dba, bị, etc. Bref multicasquette. Je pense que en province, le 60k va être difficile d’aller chercher sauf à devenir architecte ou chef de projet vraiment. À voir à l’ avenir :D.

  23. Hello 🙂
    L’article est plutôt sensé. J’aimerais toutefois apporter une précision quant au salaire et sa négociation. Il me semble d’avoir vu énormément de dev ne sachant pas négocier leur salaire. Ce problème fait qu’on peut voir cela comme de l’auto-dévalorisation.
    Soyez fière (sans tomber dans l’egotrip hein…) de ce que vous faites et soyez conscient de ce que vous allez pouvoir apporter à l’entreprise.
    Petit exemple, pour le poste que j’occupe actuellement (4 ans d’XP au moment de postuler) le mec me dit que je suis junior (lol) et que le salaire que je demandais était un peu élevé en conséquence. Ma réponse fut la suivante: je ne suis pas junior et je pense que compte tenu du marché du travail actuel, je suis en droit de demander au minimum un salaire qui s’aligne sur la moyenne pour les gens pratiquant mes technos avec mon XP. J’aurais pu me rabaisser, me “laisser faire” et accepter la proposition initiale me disant que c’est déja bien d’avoir un taf et que c’est une chance que ca soit moi plutot qu’un autre. Je vois les choses d’une maniere différente, c’est l’entreprise qui aura de la chance de m’avoir 😉
    Un des seuls conseils que je pourrais donc apporter: apprenez à négocier et soyez conscient de vos talents. Ce sera une réelle force tout au long de votre carrière. Arrêtez de vous dire que ya plein de gens qui savent coder et qui sont meilleurs que vous (ya toujours meilleur, peu importe le sujet)

  24. Bonjour a tous ,
    Je viens de lire cette article intéressant et de parcourir les différents commentaires. Une chose n’a pas été abordé, personnellement j’ai commencé en tant que technicien et repris mes études (à 30 ans) pour devenir Développeur (spe Symfony) première entreprise que j’ai trouvé lors de mon stage de fin d’année le patron m’annonce la nouvelle “ont veux te recruter car tu as fais du bon boulot un CDD de 1 an cela te dit ? ” Je dis que cela m’intéresse et quand il m’annonce le salaire c’est le SMIC. Bon tampis, on as tous besoins de mangé j’accepte. Ensuite je rencontre une Start-up bretonne qui demande un Dev PHP, je leur explique mon parcours et me recrute. Et la ces la cerises sur le gâteau. Le patron a l’heure actuel ne ma pas payer pendant 1 mois et demi. Donc oui certains développeurs sont pris pour des moins que rien mais pas partout heureusement. Dans mon cas je pense que la chance n’y était pas. Voila j’ai ça sur le cœur et quand j’en parle à d’autre personne cela me fais du bien de partager mon histoire car je l’espère que cela changera les mentalités. En tout cas supers articles. Merci à vous.

  25. Bonjour !

    Je viens de lire ton article que je trouve très intéressant.

    Je suis un ancien Dev “Parisien” qui a préféré s’expatrié en région et le constat est là :
    – Première année où je suis arrivée dans ma région, j’ai perdu environ 40% de mon salaire et 45 minutes de voiture matin & soir (ce qui faisait environ 100Km par jour). En contrepartie, j’avais des horaires plutôt cool & 23 RTT.
    – Deuxième année, j’ai décidé de changer d’entreprise car la santé déclinante de la société & le temps de trajet ont eu raison de ma motivation. J’ai trouvé un autre contrat dans une ESN où j’ai du pleuré pour avoir plus. J’ai eu un package qui corresponds à 30% de salaire en moins par rapport à mon ex-salaire parisien.

    On gagne moins mais on gagne en qualité de vie. C’est indéniable.

    Par contre, je trouve qu’en province il y a moins d’opportunités et très peu d’opportunités en full-remote.
    J’ai tenté de trouver des entreprises qui acceptent le télétravail et se fut un échec.
    J’ai plusieurs pistes pour cet échec :
    – le Full remote est très peu en vogue en France.
    – Le Remote partiel marche mieux mais reste quand même très faible et coûterais peut-être plus cher à l’employeur.
    – Peut-être aussi un manque de méthodes autant pour la recherche que pour la manière de se vendre.

    Après, aussi, j’ai pu voir que certaines entreprises n’aime pas trop l’informatique car ça rapporte peu sur le court terme et préfère se limiter à “Pourquoi changer un logiciel qui marche”.
    Exemple :
    Quand tu as un produit vieillissant et très peu modulable (pour ne pas dire coder avec les pieds), au lieu de mettre 3 jours pour sortir une fonctionnalité, tu peux mettre 2 à 3 semaines.
    Si tu investis dans ton SI pour le remettre au goût du jour même si il faut payer un bon billet et perdre quelques mois, sur le long terme tu y gagne.
    Tu peux sortir des fonctionnalités plus souvent et par la même occasion, permettre à des chefs de projets et/ou produit de travailler sur de l’innovation que sur de la maintenance/bugs et mieux encore attirer des profils qui n’aurait pas pris la peine de regarder l’offre d’emplois.

    Bonne lecture ^^

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